Votre déclaration fiscale
en toute sérénité
Guide pratique à destination des travailleurs frontaliers et rentiers de la Suisse. Toutes les clés pour comprendre vos obligations, activer les bonnes cases et sécuriser votre déclaration de revenus.
En tant que résident fiscal français, vous devez déclarer chaque année l'ensemble des revenus de votre foyer — leur montant, leur origine et leur nature — y compris ceux perçus et imposés en Suisse. Cette obligation s'applique à tous les frontaliers, sans distinction de canton ni de régime d'imposition.
Même si le gouvernement a instauré la déclaration automatique, celle-ci ne s'applique pas à votre situation. De même, le prélèvement à la source ne vous dispense pas de cette démarche annuelle. La déclaration reste indispensable pour être imposé sur votre situation réelle, bénéficier des réductions et crédits auxquels vous avez droit, et ajuster votre taux de prélèvement à partir de septembre 2026.
Ce document vous accompagne pas-à-pas pour remplir votre déclaration en toute autonomie, en mettant l'accent sur les spécificités franco-suisses trop souvent méconnues. Vous pouvez également utiliser l'assistant IA en bas à droite pour poser vos questions à tout moment.
Dates limites de dépôt
Ouverture du service en ligne : jeudi 9 avril 2026 sur impots.gouv.fr.
Nouveautés applicables aux revenus 2025
Barème revalorisé de +0,9 %
Cette revalorisation vise à neutraliser en partie les effets de l'inflation sur les tranches d'imposition et s'accompagne d'un ajustement des différents seuils et plafonds :
- Déduction forfaitaire maximum pour frais professionnels : 14 555 € par salarié
- Abattement maximum de 10 % sur les retraites : 4 439 € par foyer
- Limite de déduction des pensions alimentaires versées à des enfants majeurs : 6 855 €
- Pensions alimentaires en nature (logement ou nourriture) : 4 075 €
- Avantage fiscal des demi-parts supplémentaires pour charges de famille : plafonné à 1 807 € par enfant
Location meublée de tourisme non classée
La loi Le Meur, promulguée le 19 novembre 2024, a substantiellement durci le régime : le seuil permettant de rester en Micro-BIC passe de 77 700 € à 15 000 € par an, et l'abattement chute de 50 % à 30 %. De nombreux loueurs vont donc sortir du régime simplifié et devront passer au régime réel, avec l'obligation de tenir une comptabilité (nécessitant généralement le recours à un expert-comptable).
Hausse de la CSG
Le taux de CSG sur les revenus du patrimoine (LMNP, rentes viagères à titre onéreux, plus-values mobilières…) passe de 9,2 % à 10,6 % pour certains revenus 2025.
Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)
Cette nouvelle contribution vise les ménages les plus aisés avec un objectif d'imposition minimale à 20 % du revenu fiscal de référence. Pour les frontaliers, le traitement du capital du 2ᵉ pilier dans le calcul du RFR réajusté dépend de plusieurs paramètres, notamment le RFR des années précédentes. Les seuils d'entrée (250 000 € célibataire, 500 000 € couple marié) concernent une part significative de notre clientèle patrimoniale. Un accompagnement personnalisé est recommandé pour évaluer l'impact réel sur votre situation.
Nouveautés applicables aux revenus 2026
À la date de rédaction, plusieurs évolutions concernant la fiscalité internationale ont été communiquées. Elles seront intégrées à la procédure de déclaration en ligne début mai 2026.
Reconduction de la CDHR
La contribution différentielle est reconduite avec quelques ajustements par la loi de finances 2026, jusqu'à ce que le déficit public soit inférieur à 3 % du PIB. Les capitaux issus des 2ᵉ et 3ᵉ piliers continuent d'être traités comme des revenus exceptionnels dans le calcul du RFR réajusté, selon des modalités qui dépendent de votre situation fiscale globale.
Hausse de la CSG
Le taux passe de 9,2 % à 10,6 % sur la plupart des revenus de placement financier.
Nouveautés déclaratives
- Intégration du formulaire 3916-3916 bis directement au sein des parcours déclaratifs en ligne
- Évolution de l'écran 2047 Télétravail avec une nouvelle case « Régime fiscal des frontaliers »
- Création de nouvelles cases : 8PL (associée à 8VL pour les RCM et plus-values ouvrant droit à un crédit d'impôt étranger) et 8PM (associée à 8VM, 8WM et 8UM pour les autres revenus ouvrant droit à un crédit d'impôt étranger, notamment les salaires du personnel navigant)
01 Situation familiale
Lorsque vous effectuez votre déclaration en ligne, la première étape consiste à signaler tout changement intervenu dans votre situation familiale : mariage, PACS, divorce, rupture de PACS ou décès. Cette mise à jour est prioritaire car elle conditionne l'ensemble des calculs ultérieurs.
Une fois confirmées, elles deviennent définitives. En cas d'erreur, vous ne pourrez plus corriger en ligne et devrez déposer une déclaration papier, ce qui complique considérablement les démarches.
Changements d'état civil intervenus en 2025
Mariage ou conclusion d'un PACS en 2025
Par principe, vous devez déposer une déclaration commune pour toute l'année 2025. Vous avez cependant la possibilité d'opter pour une imposition séparée, uniquement pour cette année de mariage ou de PACS.
L'option pour l'imposition séparée est définitive. Une fois choisie, impossible de revenir en arrière, même si elle s'avère défavorable lors du calcul final. Prenez le temps d'en évaluer les conséquences financières avant de vous décider.
Cette option n'est pas ouverte lorsque le PACS conclu au titre d'une année antérieure se transforme en mariage en 2025.
Divorce ou rupture de PACS en 2025
Vous êtes soumis à une imposition séparée pour toute l'année.
Décès du conjoint en 2025
Vous devrez établir deux déclarations distinctes :
- La première couvrant la période du 1ᵉʳ janvier à la date du décès
- La seconde allant de la date du décès au 31 décembre
Enfants majeurs : un choix à réévaluer chaque année
Par défaut, un enfant majeur doit déposer sa propre déclaration. Il est toutefois possible de demander son rattachement à votre foyer fiscal, un choix qui peut s'avérer avantageux selon votre situation.
Qui peut être rattaché ?
- Sans condition si votre enfant a moins de 21 ans au 1ᵉʳ janvier 2025
- Jusqu'à 25 ans s'il poursuit des études, au 1ᵉʳ janvier ou au 31 décembre 2025
Si vous choisissez de rattacher votre enfant majeur, vous devez l'inscrire dans la rubrique dédiée de votre déclaration. L'enfant doit rédiger une demande de rattachement que vous conserverez en cas de contrôle. En ligne, le processus est simplifié : les enfants rattachés l'an passé apparaissent automatiquement et un simple clic suffit pour les confirmer ou les retirer de votre déclaration 2025.
Avantages du rattachement
Rattacher un enfant majeur peut vous permettre :
- D'obtenir une majoration de votre quotient familial
- De limiter l'augmentation de votre futur taux de prélèvement à la source (septembre 2026 à août 2027)
Ce choix implique généralement d'ajouter les revenus de votre enfant aux vôtres, sauf dans les situations suivantes où les revenus sont exonérés dans certaines limites :
- Apprentis : salaires exonérés à hauteur du SMIC annuel brut (21 622 €), le surplus est imposable
- Indemnités de stage : exonérées à hauteur du SMIC annuel brut (21 622 €), le surplus est imposable
- Étudiants salariés de 25 ans maximum : rémunérations exonérées jusqu'à 5 405 €, au-delà imposition du surplus
Si vous renoncez au rattachement
Votre enfant forme alors son propre foyer fiscal et déclare ses revenus séparément. Si vous l'aidez financièrement, vous pouvez déduire une pension alimentaire, ce qui réduit votre revenu fiscal de référence et diminue mécaniquement votre cotisation CMU 2027 (URSSAF–STFS). Attention cependant : cette pension devient imposable pour votre enfant.
Sans rattachement, vous perdez la réduction d'impôt pour frais de scolarité, certaines majorations de dépenses prises en compte pour des réductions ou crédits d'impôt, et — à partir du 3ᵉ enfant — la part entière de quotient familial liée à sa présence dans votre foyer. Comparez les deux options chaque année : la meilleure solution dépend véritablement de votre situation familiale et financière.
Demi-parts supplémentaires
Certaines situations particulières donnent droit à une demi-part additionnelle, qu'il convient de signaler dans votre déclaration.
| Case | Conditions | Avantage ½ part |
|---|---|---|
| CASE L | • Au 1ᵉʳ janvier 2025 : vous vivez seul • Pendant 5 ans, vous avez élevé seul un enfant (mineur ou majeur rattaché) • Aujourd'hui, cet enfant n'est plus à votre charge | Plafonné à 1 079 € |
| CASE P | • Au 1ᵉʳ janvier 2025 : parent isolé (vous vivez seul, hors concubinage) • Vous avez un enfant à charge que vous élevez seul (Une pension alimentaire fixée par jugement ne fait pas perdre la ½ part) | Plafonné à 4 262 € (1ᵉʳ enfant) |
| CASE P | • Titulaire d'une rente accident du travail à 40 %, OU • Titulaire d'une carte d'invalidité d'au moins 80 % délivrée par la MDPH | Plafonné à 3 608 € |
Être au bénéfice d'une rente entière de l'AI ne permet pas à lui seul de bénéficier de cette demi-part supplémentaire.
Barème 2026 de l'impôt pour les revenus 2025
Le barème officiel à taux progressif s'applique aussi bien aux revenus de source française qu'aux revenus de source étrangère imposables en France.
| Tranche de revenu net imposable | Taux | Formule de l'impôt brut |
|---|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % | 0 |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11 % | (R × 0,11) − (1 276 € × N) |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30 % | (R × 0,30) − (6 896,01 € × N) |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41 % | (R × 0,41) − (16 199,48 € × N) |
| Supérieur à 181 917 € | 45 % | (R × 0,45) − (23 476,16 € × N) |
R = revenu net imposable · N = nombre de parts · Formule simplifiée avant application du plafonnement des effets du quotient familial et de la décote.
Cette formule simplifiée ne sera pas toujours suffisante pour obtenir le montant exact de l'impôt : elle ne tient compte ni de la décote réservée aux revenus les plus modestes, ni du plafonnement des effets du quotient familial.
02 Vos salaires suisses
L'imposition des salaires suisses dépend directement des accords conclus entre la France et la Suisse. Maîtriser ces règles est essentiel pour déclarer correctement vos revenus et éviter tout risque de double imposition.
Principes d'imposition
Le régime général : imposition en Suisse, déclaration en France
Selon la convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966, les résidents fiscaux français qui exercent une activité salariée en Suisse sont imposés en Suisse sur les rémunérations perçues. Ces revenus doivent également être déclarés en France, où ils s'ajoutent aux autres revenus imposables du foyer.
Pour éviter la double imposition, la France applique un crédit d'impôt égal à la part d'impôt français correspondant à ces salaires.
Ce crédit d'impôt n'est pas remboursable et ne dépend pas du montant réellement payé en Suisse. Il viendra uniquement neutraliser l'impôt français dû sur ces revenus.
Le régime frontalier : imposition dans l'État de résidence
Un accord fiscal du 11 avril 1983 prévoit un régime particulier pour les travailleurs frontaliers employés dans les cantons de Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Soleure, Berne, Bâle-Ville et Bâle-Campagne.
Dans ce cadre :
- Les salaires sont imposables uniquement dans l'État de résidence
- Le statut de frontalier s'applique lorsque le salarié retourne en principe chaque jour à son domicile
Après l'entrée en vigueur des Accords bilatéraux, les autorités françaises et suisses ont admis qu'un salarié frontalier puisse rester jusqu'à 45 nuitées par an dans son canton d'emploi sans perdre son statut fiscal de frontalier.
- Vous n'êtes plus considéré comme frontalier au sens fiscal
- Votre employeur devra alors prélever l'impôt à la source en Suisse
- Depuis le 1ᵉʳ janvier 2008, une attestation de résidence fiscale doit être remise à votre employeur pour éviter une double imposition
Cet accord ne concerne pas les travailleurs frontaliers de nationalité suisse employés dans le secteur public de ces cantons, qui restent imposés à la source en Suisse.
Procédure de déclaration : les étapes essentielles
La déclaration principale 2042
Le formulaire 2042 est coché automatiquement par l'administration. Vous y trouverez l'ensemble des rubriques de la déclaration principale ainsi que les formulaires complémentaires : 2042 C, 2042 C PRO, 2042 RICI, 2042 IOM, etc. Des montants peuvent être pré-remplis à partir des informations transmises par les tiers (employeurs, caisses de retraite, banques). Vérifiez-les attentivement et rectifiez-les si nécessaire.
Vos obligations spécifiques de frontalier
En tant que salarié à l'étranger, vous devez systématiquement remplir les annexes :
- Annexe 2047 — Déclaration des revenus encaissés à l'étranger
- Annexe 3916-3916 BIS — Déclaration des comptes détenus à l'étranger
Selon votre situation, d'autres annexes peuvent également être nécessaires.
Cette étape est primordiale : l'omission d'un formulaire peut entraîner un contentieux avec l'administration fiscale. Prenez le temps de vérifier que tout est bien coché.
Bien sélectionner les rubriques de votre déclaration en ligne
Rubrique « Revenus » — certaines cases peuvent être déjà pré-cochées lorsque des organismes français ont transmis vos revenus. Pour vos revenus suisses, il vous appartient d'activer les lignes nécessaires : salaires ou rentes de source suisse, capitaux de prévoyance (retraite ou encouragement à la propriété du logement), intérêts bancaires provenant de Suisse.
Rubrique « Charges » — concerne notamment les personnes affiliées au régime d'assurance maladie CMU–Dispositif frontalier. C'est ici, dans la partie « Charges déductibles », que vous trouverez la case 6DD où inscrire le montant de vos cotisations payées en 2025.
Rubrique « Divers » — point clé pour les frontaliers :
- Frontaliers imposés à la source en Suisse (Genève notamment) : vous accéderez à la case 8TK, indispensable pour calculer le crédit d'impôt correspondant à l'impôt dû en France sur vos revenus étrangers
- Tous les travailleurs frontaliers : vous trouverez les cases 8TT et 8UU destinées à déclarer vos assurances-vie et comptes détenus en Suisse
- Retraités suisses poly-pensionnés : les cases 8TV/8TH/8TX ou 8QV/8QH/8QX ou 8SA/8SD/8SB permettent d'assujettir vos rentes ou capitaux aux contributions sociales (CSG-CRDS-Casa)
- Frontaliers actifs ou retraités mono-pensionnés (LAMal ou CMU) : les cases 8SH/8SI permettent de bénéficier de l'exonération de CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine
Cases de report selon votre situation — Revenus d'activité
| Type | Origine | Régime d'imposition | Cases | Heures sup. exo. | PAS |
|---|---|---|---|---|---|
| Salaire | France | France | 1AJ / 1BJ | 1GH/1HH | Retenue source |
| Salaire | Suisse | Source Suisse | 1AF/1BF + 8TK | Non concerné | Non concerné |
| Salaire | Suisse | France (frontalier) | 1AG / 1BG | 1GH/1HH | Acompte |
Le montant net en euros indiqué sur votre imprimé 2047-Suisse doit être reporté dans la déclaration 2042, rubrique « Traitements et salaires », aux cases 1AF/1BF ou 1AG/1BG selon votre situation fiscale.
Les travailleurs frontaliers relevant de l'Accord dérogatoire de 1983 avec la France (VD, VS, BE, NE, JU, BS, BL, SO) doivent également saisir le montant de leur salaire brut en francs suisses. Pour cela, ouvrez la rubrique dédiée et remplissez la case 8TJ/8TY.
La saisie de ces cases déclenche automatiquement l'envoi du formulaire 2041-AS, que vous devrez remettre à votre employeur. Cette attestation permet d'éviter toute imposition à la source indue dans les cantons concernés.
Fiche d'aide au calcul du salaire suisse net imposable : décryptage
Pour une déclaration en ligne efficace et sans erreur, remplissez d'abord toutes les annexes avant de revenir à votre déclaration principale : 2047-Suisse, annexe 2047, annexe 3916-3916 BIS. Ce n'est qu'une fois ces documents renseignés que vous pouvez revenir à la déclaration d'ensemble 2042.
① Revenus à déclarer
Vous devez déclarer tous vos revenus d'activité perçus en Suisse en 2025, y compris :
- Les primes, bonus
- Les avantages en nature (ex. : usage privé d'un véhicule de fonction)
- Les avantages en espèces (ex. : participation de l'employeur à l'assurance maladie)
Les indemnités journalières (maladie, maternité, accident) versées par une assurance ou par l'employeur doivent également être déclarées, sauf si elles bénéficient d'une exonération justifiée. Certaines indemnités de source française sont en effet exonérées totalement ou partiellement, notamment :
- Celles versées pour des affections nécessitant un traitement long et coûteux
- Celles liées à un accident du travail ou une maladie professionnelle (exonérées à 50 %)
- Certaines indemnités de licenciement
Par cohérence, les revenus suisses de même nature sont réputés suivre les mêmes règles d'exonération, lorsqu'elles s'appliquent.
② Frais de représentation
Les frais de représentation figurent à la rubrique 13.2.1 de votre certificat de salaire. Ils ne sont pas inclus dans votre salaire brut suisse. La question est donc : faut-il les ajouter à votre revenu imposable en France ?
Ils peuvent être exonérés si les quatre conditions suivantes sont réunies :
- Ils couvrent des dépenses directement liées à votre activité professionnelle, engagées dans l'intérêt de l'entreprise (déplacements, repas en mission, hébergement, invitations professionnelles…)
- Ils ne correspondent pas aux frais déjà concernés par la déduction forfaitaire de 10 % (trajets domicile–travail, repas pris sur le lieu de travail, documentation personnelle…)
- Ils sont justifiés par des éléments précis permettant d'établir la réalité et le montant
- Vous ne demandez pas la déduction de ces mêmes frais en frais réels
Si toutes ces conditions sont remplies, vos frais de représentation sont exonérés et ne doivent pas être réintégrés dans votre salaire imposable en France.
③ Allocations familiales
Les prestations familiales versées par la France sont exonérées d'impôt. Par cohérence, les allocations familiales légales suisses bénéficient du même régime d'exonération. En revanche, les allocations extra-légales versées par votre employeur ou par une caisse sont imposables et doivent être déclarées.
④ Cotisations LPP pour le rachat
Le rachat de cotisations dans votre 2ᵉ pilier est possible et bénéficie, en France, du même traitement fiscal que les rachats effectués par les actifs dans les régimes de retraite obligatoires français. Le 2ᵉ pilier étant un régime de prévoyance professionnelle complémentaire obligatoire, il est considéré comme équivalent.
Cette limite s'applique quelle que soit la liberté de rachat prévue par votre caisse suisse : les frontaliers ne peuvent être traités ni plus favorablement ni moins favorablement que les travailleurs résidant en France.
Calcul de la déduction fiscale : la valorisation de ces 12 trimestres s'effectue d'après les barèmes annuels fixés par la CNAV selon votre âge et votre revenu.
Attention : la déduction est admise uniquement pour les rachats correspondant à la partie légalement obligatoire de votre 2ᵉ pilier.
⑤ Cotisation maladie obligatoire
- Si vous êtes assuré à la LAMal : votre caisse d'assurance maladie en Suisse vous adresse chaque année un document indiquant le montant des cotisations payées. Ces cotisations LAMal de base sont déductibles directement de vos revenus via l'imprimé 2047-Suisse
- Si vous êtes affilié à la CMU–Dispositif frontalier : les cotisations CMU ne sont pas déductibles via l'imprimé 2047-Suisse. Elles doivent être inscrites en case 6DD de votre déclaration principale 2042, dans la rubrique « Charges déductibles »
- Ce qui n'est pas déductible : les complémentaires santé, qu'elles soient suisses ou françaises
⑥ Revenu net en francs suisses
Votre revenu imposable correspond au montant net perçu, après déduction des cotisations sociales obligatoires prélevées en Suisse : AVS/AI, AC/AANP (chômage et accidents non professionnels), cotisations du 2ᵉ pilier, assurance maladie LAMal (pour les assurés LAMal uniquement).
⑦ Taux de change
Pour la déclaration des revenus 2025, le taux de change moyen retenu pour les impôts 2026 est fixé à 1 CHF = 1,07 €.
Ce taux constitue une règle pratique, mise à disposition pour simplifier vos démarches. Vous restez toutefois libre d'appliquer la règle légale, c'est-à-dire utiliser le taux de change du jour où les revenus ont été encaissés ou du jour où ils ont été crédités sur un compte ouvert à l'étranger. Les deux méthodes sont admises : choisissez celle qui correspond le mieux à votre situation et à vos justificatifs.
⑧ Heures supplémentaires exonérées (travailleurs frontaliers des 8 cantons)
Préalable indispensable : remplissage par votre employeur du formulaire 2041-AE « Attestation employeur et formule de calcul ».
Vous devez choisir la méthode d'évaluation des heures supplémentaires : option forfaitaire ou option réelle. Dans les deux méthodes, les heures à renseigner s'entendent des heures effectivement travaillées en présence dans l'entreprise, hors congés payés, maladie, maternité, chômage partiel, récupérations.
Elle ne présente pas de difficulté d'interprétation sur la notion d'heures supplémentaires. Selon cette méthode, il n'est pas exigé qu'il s'agisse d'heures supplémentaires au sens de la législation du pays considéré.
L'administration fiscale a déterminé un forfait annuel de 1 840 heures (40h × 46 semaines) servant de base de comparaison avec le nombre total d'heures de travail que vous avez accompli et attesté par votre employeur. La différence entre ces deux données constituera votre stock d'heures exonérées, retenu dans la limite d'un plafond annuel de 368 heures.
Si l'annexe 2047-Suisse est remplie en ligne et le CAS 1 coché, vous bénéficierez des reports automatiques. Le plafonnement des heures supplémentaires à 7 500 € sera effectué automatiquement par le logiciel et le surplus réintégré dans votre base imposable. À défaut de remplissage en ligne, reportez votre salaire net, heures supplémentaires déduites et salaire afférent sur l'annexe 2047 (cadre 1) et sur la déclaration principale 2042 (cases 1AG/1BG et 1GH/1HH).
Écran télétravail
Vous devez compléter cet écran dès lors que vous avez télétravaillé en 2025. Dans l'attente de l'échange international automatique des renseignements concernant les données salariales (au plus tôt début 2027 pour les revenus 2026), l'employeur a l'obligation d'attester des jours de télétravail par tous moyens :
- Remise d'une attestation indiquant le % de télétravail ou le nombre de jours télétravaillés
- Mention dans le certificat de salaire rubrique 15
- Document contractuel liant l'employeur et le salarié et indiquant les modalités du télétravail
En l'état, il s'agit d'un écran à vocation d'information. Aucun report ne s'effectue et ces mentions n'entraînent aucun changement d'imposition.
Déduction des frais professionnels : 10 % ou frais réels
En tant que travailleur frontalier, vous pouvez bénéficier d'une déduction de vos frais professionnels. Deux modalités sont possibles :
La déduction forfaitaire de 10 %
Elle est appliquée automatiquement par l'administration fiscale sur le montant de vos rémunérations nettes déclarées. Cette déduction couvre, de manière globale, tous les frais professionnels courants (déplacements, repas, documentation…), sans démarche particulière de votre part. Pour les revenus 2025, elle est plafonnée à 14 555 € par personne. Cette option convient lorsque vos frais professionnels sont limités ou difficiles à justifier.
Les frais réels
Ce régime permet de déduire vos dépenses professionnelles pour leur montant effectivement supporté, lorsque vous estimez que la déduction forfaitaire de 10 % ne reflète pas la réalité de vos charges. Il vous appartient d'en évaluer précisément le montant et de le reporter dans les cases 1AK ou 1BK. Les frais réels doivent être détaillés lors de la déclaration.
Le choix entre la déduction forfaitaire et les frais réels est effectué individuellement par chaque membre du foyer fiscal. Il est global et constant pour l'année d'imposition concernée. En revanche, ce choix n'est pas définitif : il peut être modifié d'une année sur l'autre, en fonction de l'évolution de votre situation professionnelle ou de vos dépenses.
Frais de transport domicile–lieu de travail
Vous pouvez déduire les frais de déplacement entre votre domicile et votre lieu de travail, à condition de pouvoir justifier du mode de transport utilisé, de la distance parcourue à titre professionnel et du nombre de jours travaillés dans l'année.
- Forfait déductible repas : 5,45 € pour les frais de repas 2025
- Distance domicile-travail : 40 km considérée comme normale pour la déduction
Si la distance aller simple n'excède pas 40 km, la déduction des frais de transport est admise en totalité. Si elle dépasse 40 km, la déduction est en principe limitée aux 40 premiers kilomètres, sauf circonstances particulières dûment justifiées (contraintes professionnelles, absence de logement à proximité…).
En règle générale, un seul aller-retour par jour (soit 80 km) est admis. Des exceptions peuvent toutefois être reconnues dans certaines situations : régime alimentaire spécifique, nécessité de rejoindre un domicile pour assister une personne dépendante, horaires de travail atypiques.
Utilisation d'un véhicule personnel
Deux modes d'évaluation sont possibles :
- Barème kilométrique, fixé chaque année par l'administration fiscale
- Évaluation des frais réels, fondée sur les dépenses effectivement engagées
Le barème kilométrique peut être utilisé que vous soyez propriétaire ou locataire du véhicule. Lorsque le véhicule est loué, le loyer est inclus dans le barème et ne peut être déduit en supplément. Des barèmes spécifiques existent également pour les vélomoteurs et scooters, les motocyclettes.
Le barème tient compte notamment de la dépréciation du véhicule, des frais d'entretien, du carburant, des réparations, de l'assurance. Il est applicable dans la limite de 7 CV fiscaux. En revanche, certains frais peuvent être déduits en plus du barème :
- Les frais de péage (y compris la vignette suisse)
- Les frais de garage ou de stationnement
- Les intérêts d'emprunt en cas d'achat du véhicule à crédit, au prorata de l'utilisation professionnelle
Covoiturage
En cas de covoiturage, les frais réels correspondant à un même véhicule ne peuvent pas être déduits intégralement par chaque passager. La méthode admise consiste à calculer le coût total du trajet (par exemple à l'aide du barème kilométrique) puis à diviser ce montant par le nombre de passagers.
Télétravail
Les frais de transport ne peuvent être déduits que pour les jours effectivement travaillés sur site. Vous devez donc comptabiliser précisément le nombre de jours pour lesquels vous vous êtes physiquement déplacé sur votre lieu de travail. Conservez tout document permettant de justifier votre organisation de travail (planning, attestation employeur, note de télétravail).
Frais supplémentaires de repas
Les frais de repas sont, par nature, des dépenses personnelles et ne sont pas déductibles en tant que telles. Toutefois, lorsque votre activité professionnelle vous oblige à prendre certains repas en dehors de votre domicile (horaires de travail ou éloignement), vous pouvez déduire les frais supplémentaires de repas, sous conditions. Il est admis de déduire la différence entre le coût du repas pris sur le lieu de travail et la valeur du repas pris au domicile, fixée forfaitairement pour l'année 2025 à 5,45 €.
Deux situations peuvent se présenter :
- Si vous pouvez justifier le coût réel des repas : la dépense déductible correspond à la différence entre le prix du repas et 5,45 €
- Si vous ne disposez pas de justificatifs suffisamment précis : la dépense supplémentaire peut être évaluée forfaitairement à 5,45 € par repas
Cette évaluation forfaitaire n'est pas applicable si vous bénéficiez, sur votre lieu de travail ou à proximité, d'un service de restauration collective. À ce titre, il convient de vérifier votre certificat de salaire, notamment la case G « repas à la cantine ».
Cotisations syndicales
Le régime de déduction des cotisations syndicales dépend du lieu d'adhésion :
- Les cotisations versées à des syndicats suisses sont déductibles uniquement au titre des frais professionnels réels
- Les cotisations versées à des syndicats français peuvent être soit déduites en frais réels, soit ouvrir droit à un crédit d'impôt
Le GTE, ayant le statut juridique d'association, n'entre pas dans ce dispositif : la cotisation annuelle versée à ce titre n'est pas déductible.
03 Vos rentes suisses et capitaux de prévoyance
Les rentes issues du système suisse (AVS, 2ᵉ pilier, accident) et les capitaux de prévoyance (2ᵉ et 3ᵉ piliers) obéissent à des règles spécifiques. Cette section détaille le régime applicable, les cases à remplir et les options les plus avantageuses.
Principes d'imposition
Conformément à l'article 20 de la convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966, les pensions et autres rémunérations similaires versées au titre d'un emploi antérieur sont imposables dans l'État de résidence du bénéficiaire.
En pratique, cela signifie que les rentes versées par la Suisse à un retraité résidant en France sont imposables en France, selon les règles fiscales françaises applicables aux pensions et retraites.
Conformément à l'article 21 de ladite convention fiscale, les rentes versées par les caisses de prévoyance du secteur public suisse à des personnes de nationalité suisse sont imposables en Suisse, et non en France. Il s'agit principalement des pensions liées à un emploi exercé dans la fonction publique suisse.
Rentes concernées par l'imposition en France
Sous réserve des exceptions évoquées ci-dessus, sont imposables en France, dans l'État de résidence, selon le régime de droit commun des pensions et retraites :
- Les rentes de l'AVS (Assurance Vieillesse et Survivants)
- Les rentes de l'AI (Assurance Invalidité)
- Les rentes du 2ᵉ pilier (prévoyance professionnelle)
- Les rentes issues de l'assurance accident
- Les rentes complémentaires versées pour vos enfants mineurs
- Ainsi que celles versées pour vos enfants majeurs jusqu'à 25 ans, lorsqu'ils poursuivent des études ou sont en apprentissage
Cas d'exonération
Certaines rentes de source française bénéficient d'un régime d'exonération d'impôt :
- Les prestations et rentes viagères versées aux victimes d'accidents du travail ou à leurs ayants droit (article 81-8 CGI)
- Les prestations perçues à la suite de maladie, invalidité ou décès, versées par des organismes de prévoyance dans le cadre de contrats à adhésion facultative, lorsque l'assuré n'a pas pu déduire les cotisations de son revenu imposable
Par analogie, les rentes suisses de même nature peuvent bénéficier de cette exonération lorsqu'elles remplissent les mêmes conditions.
La qualification de l'accident de trajet diffère entre la Suisse et la France :
- En Suisse, l'accident de trajet est considéré comme non professionnel
- En France, il peut, sous certaines conditions, être assimilé à un accident professionnel
Si vous percevez une rente à la suite d'un accident de trajet, rassemblez et conservez l'ensemble des justificatifs permettant d'établir les circonstances de l'accident : déclaration d'accident, décision d'attribution de la rente accident et/ou AI, attestation de l'employeur, rapport de police le cas échéant. Ces documents seront nécessaires pour démontrer que vous remplissez les conditions permettant l'assimilation à un accident professionnel et bénéficier du régime d'exonération applicable.
Et le 3ᵉ pilier ?
Le 3ᵉ pilier correspond à une retraite complémentaire facultative, sans caractère obligatoire, aussi bien en Suisse qu'en France. Il n'est pas expressément mentionné dans la convention fiscale franco-suisse. Dans ce cas, c'est l'article 23 de la convention qui s'applique : les revenus qui ne sont pas traités spécifiquement dans la convention sont imposables dans l'État de résidence du bénéficiaire. Les rentes issues du 3ᵉ pilier sont donc imposables en France lorsque le retraité réside en France.
Procédure de déclaration : les étapes essentielles
Les documents à réunir
- Rentes AVS et AI : en qualité de rentier de l'AVS ou de l'AI, vous recevez en principe, au mois de janvier, une attestation fiscale établie par la Caisse suisse de compensation. Ce document récapitule les montants de rentes versées au cours de l'année précédente (ex. : revenus 2025 pour la déclaration 2026)
- Rentes du 2ᵉ pilier : les caisses de prévoyance délivrent automatiquement une attestation annuelle de rentes
- Rentes accident : les caisses accident adressent également à leurs bénéficiaires une attestation destinée à l'administration fiscale, précisant notamment le caractère professionnel ou non de l'accident, la nature de la prestation et le montant de la rente versée. Ces documents sont indispensables pour déterminer le régime fiscal applicable et doivent être conservés
Cases de report — Pensions, retraites, rentes
| Type | Origine | Régime d'imposition | Cases | PAS |
|---|---|---|---|---|
| Pension | France | France | 1AS / 1BS | Retenue source |
| Pension | Suisse | Source Suisse | 1AL/1BL + 8TK | Non concerné |
| Pension | Suisse | France | 1AM / 1BM | Acompte |
En 2025, vous avez payé des acomptes sur vos rentes suisses. Ces acomptes concernent uniquement l'impôt sur le revenu 2025. Les prélèvements sociaux 2025 (CSG/CRDS/CASA) seront calculés, suite à votre déclaration en 2026, et à payer intégralement à réception de votre avis d'impôt 2026 sur les revenus 2025.
Capitaux de prévoyance (2ᵉ ou 3ᵉ pilier) : mode d'emploi
Principe général
Lorsqu'un capital de prévoyance du 2ᵉ ou du 3ᵉ pilier est versé au cours de l'année 2025, ce capital est imposable en France, dès lors que vous êtes résident fiscal français. Cette imposition s'applique même si le capital n'est pas rapatrié en France. Aucune règle ne vous impose de transférer les fonds en France, mais le fait de les laisser en Suisse ne vous dispense pas de les déclarer.
Impôt à la source prélevé en Suisse
Lors du versement du capital, la Suisse prélève systématiquement un impôt à la source. Dans la majorité des cas, cet impôt suisse peut faire l'objet d'un remboursement intégral, dès lors que le capital est effectivement déclaré et imposé en France et que l'administration fiscale française vise le formulaire intitulé « Demande de remboursement de l'impôt à la source prélevé sur les prestations provenant d'institutions de prévoyance ayant leur siège en Suisse ».
Une exception concerne les frontaliers de nationalité suisse dont le capital provient d'une caisse de prévoyance du secteur public suisse. Dans ce cas, le droit d'imposer revient à la Suisse (article 21 de la convention fiscale), l'impôt à la source suisse n'est pas remboursé. Toutefois, en tant que résidents fiscaux français, ces personnes restent soumises aux obligations déclaratives en France. Afin d'éviter toute double imposition, la France applique alors un crédit d'impôt spécifique.
Option pour le prélèvement forfaitaire libératoire à 7,5 %
Dans la majorité des situations, l'option pour le prélèvement forfaitaire libératoire à 7,5 % est la plus avantageuse. Il s'agit toutefois d'un régime optionnel et dérogatoire, soumis à conditions. Cette option est possible lorsque :
- Le versement du capital est effectué en une seule fois (non fractionné)
- Les cotisations versées durant la phase de constitution des droits (y compris celles de l'employeur) étaient déductibles du revenu imposable, ou se rattachaient à un revenu exonéré dans l'État ayant le droit d'imposer
En cas d'option, le capital est imposé à 7,5 %, après application d'un abattement de 10 % non plafonné, ce prélèvement est libératoire de l'impôt sur le revenu. Cette option doit faire l'objet d'une demande expresse et irrévocable, matérialisée par l'inscription du montant brut en euros du capital en cases 1AT/1BT de la déclaration 2042.
Prélèvement forfaitaire libératoire à 7,5 % avec abattement de 10 %, soit un taux effectif de 6,75 %.
En l'absence d'option pour le prélèvement à 7,5 %
Si vous n'optez pas pour le prélèvement forfaitaire libératoire, le capital est imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu, comme les autres pensions et retraites du foyer. Dans ce cas, après déclaration dans l'annexe 2047, le montant doit être reporté manuellement en cases 1AM/1BM de la déclaration 2042, un abattement de 10 %, plafonné à 4 439 € par foyer fiscal, est appliqué avant imposition.
Les prestations de retraite versées en capital sont considérées comme des revenus exceptionnels, quel que soit leur montant. À ce titre, elles peuvent bénéficier du mécanisme du quotient, destiné à atténuer la progressivité de l'impôt. Dans cette situation, le montant imposable du capital (avant abattement de 10 %) peut être déclaré en case ØXX de la déclaration 2042, sans être intégré aux pensions étrangères déclarées en cases 1AM/1BM.
Tout retrait en capital, qu'il provienne du 2ᵉ pilier (LPP) ou du 3ᵉ pilier, quel qu'en soit le motif (retraite, EPL – achat immobilier, remboursement…), n'est jamais neutre socialement.
- Le capital perçu est intégré au RFR de l'année du retrait, après application de l'abattement forfaitaire de 10 %
- Pour les frontaliers affiliés à la CMU–Dispositif frontalier, ce RFR sert de base au calcul de la cotisation URSSAF-STFS avec un décalage de deux ans (N+2)
Conséquence directe : un retrait important peut entraîner une hausse très significative de votre cotisation maladie. Exemple : retrait d'un capital en 2025 → intégration dans le RFR 2025 → impact sur la cotisation URSSAF-STFS en 2027.
Avant tout retrait en capital, il est fortement recommandé d'évaluer l'impact à moyen terme sur vos charges sociales.
Assujettissement des rentes et capitaux étrangers aux contributions sociales CSG/CRDS/Casa
En principe, les revenus d'activité et les revenus de remplacement (rentes, pensions, retraites) de source étrangère peuvent être soumis aux contributions sociales françaises (CSG, CRDS et, le cas échéant, Casa). Cette imposition n'est toutefois applicable que si deux conditions sont réunies simultanément :
- Être domicilié fiscalement en France, au sens de l'article 4 B du Code général des impôts (critère fiscal)
- Relever d'un régime obligatoire français d'assurance maladie, à quelque titre que ce soit (critère social), sous réserve de la notion de revenus imposables en France en vertu d'une convention fiscale
Cas des revenus provenant de Suisse (ou de l'UE / EEE)
Pour les personnes percevant des revenus d'activité ou de remplacement provenant d'un État membre de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse, la notion de rattachement à un régime d'assurance maladie est définie par les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.
Principe fondamental : la législation de sécurité sociale applicable est celle du lieu d'exercice de l'activité professionnelle, salariée ou non salariée, du lieu de perception des revenus de remplacement, même si la personne réside dans un autre État.
Pour les travailleurs frontaliers exerçant leur activité en Suisse ou les rentiers mono-pensionnés de la Suisse, l'assurance maladie obligatoire est donc, en principe, suisse.
Conséquence pour les frontaliers actifs et rentiers affiliés au régime suisse
Dès lors que l'assurance obligatoire relève de la Suisse, le critère social français n'est pas rempli. Les revenus d'activité et les rentes de source suisse sont exonérés de CSG, de CRDS et de Casa.
Le droit d'option permettant de demander une affiliation au régime français (CMU – Dispositif frontalier) ne remet pas en cause le principe de la législation applicable, qui reste celle du lieu d'activité ou de perception des rentes.
En pratique : même si vous avez exercé votre droit d'option et êtes affilié à la CMU – Dispositif frontalier, vos revenus d'activité et vos rentes suisses restent légalement exonérés de CSG, CRDS et Casa, dès lors qu'ils sont exclusivement de source suisse.
Cas des poly-pensionnés
La situation est différente pour les poly-pensionnés, c'est-à-dire les personnes percevant une pension de retraite française et des rentes de source suisse.
Dans ce cas, l'affiliation à l'assurance maladie française est obligatoire, le critère social est rempli et les rentes suisses deviennent en principe assujetties aux contributions sociales françaises (CSG/CRDS/Casa), sous réserve des règles prévues par la convention fiscale.
Lorsque les rentes étrangères sont déclarées en case 8TK (revenus ouvrant droit à un crédit d'impôt égal à l'impôt français), le mécanisme du crédit d'impôt s'étend également aux contributions sociales et celles-ci sont neutralisées et ne sont pas dues.
Taux des contributions sociales selon situation
| Nature du revenu | Assiette | CSG | CRDS | Casa | Cases |
|---|---|---|---|---|---|
| Rentes suisses · Capital 2ᵉ ou 3ᵉ pilier A lié (Genève) | 100 % | 0 % | 0 % | 0 % | Néant |
| 3,8 % | 0,50 % | 0 % | 8TX/8QX · 8SB | ||
| 6,60 % | 0,50 % | 0,30 % | 8TH/8QH · 8SD | ||
| 8,30 % | 0,50 % | 0,30 % | 8TV/8QV · 8SA |
Taux de CSG selon RFR 2023
| Nb parts | Exonération | CSG 3,8 % | CSG 6,6 % | CSG 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | ≤ 12 817 € | 12 818 → 16 754 € | 16 755 → 26 003 € | ≥ 26 004 € |
| 1,5 part | ≤ 16 239 € | 16 240 → 21 228 € | 21 229 → 32 944 € | ≥ 32 945 € |
| 2 parts | ≤ 19 661 € | 19 662 → 25 702 € | 25 703 → 39 885 € | ≥ 39 886 € |
| 2,5 parts | ≤ 23 083 € | 23 084 → 30 176 € | 30 177 → 46 826 € | ≥ 46 827 € |
| 3 parts | ≤ 26 505 € | 26 506 → 34 650 € | 34 651 → 53 767 € | ≥ 53 768 € |
| + ½ part supp. | + 3 422 € | + 3 422 € | + 4 474 € | + 6 941 € |
Déductibilité de la CSG l'année suivante
La CSG est pour partie déductible l'année suivante. N'oubliez pas de consulter votre avis d'impôt 2025 pour en connaître le montant et procéder à sa déduction.
| Taux de CSG | Taux de CSG déductible |
|---|---|
| 0 % | 0 % |
| 3,8 % | 3,8 % |
| 6,6 % | 4,2 % |
| 8,3 % | 5,9 % |
Aucune déductibilité n'est admise pour les revenus imposés selon un prélèvement forfaitaire libératoire. Ainsi, pour un capital 2ᵉ pilier imposé à 7,5 % et assujetti à la CSG, aucune déductibilité ne pourra être opérée l'année suivante.
04 Vos intérêts suisses : comment les déclarer en France ?
Où sont imposables vos intérêts suisses ?
Conformément à l'article 12 § 1 de la convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966, les intérêts sont imposables exclusivement dans l'État de résidence du bénéficiaire.
Concrètement : si vous résidez fiscalement en France et percevez des intérêts sur des comptes détenus en Suisse (compte salaire, compte épargne, compte à terme, etc.), ces revenus doivent être déclarés et imposés en France, même s'ils ont déjà supporté un impôt anticipé en Suisse.
Comment sont imposés les intérêts en France ?
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2018, les revenus de placements financiers (dont les intérêts) sont, par défaut, soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU).
- Taux global du PFU : 30 %, composé de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu + 17,2 % au titre des prélèvements sociaux
- Le PFU s'applique sur le montant brut des intérêts, sans abattement, sans déduction de frais, sans CSG déductible, puisqu'il s'agit d'une imposition forfaitaire
Le PFU est libératoire, c'est-à-dire qu'il solde l'imposition de ces revenus.
Remboursement de l'impôt anticipé de 35 %
Si vous percevez des intérêts ou dividendes de source suisse, la Suisse prélève un impôt anticipé de 35 %. Cet impôt n'est pas définitif pour les résidents fiscaux français : il peut être remboursé, sous conditions :
- La demande s'effectue au moyen du formulaire 83 (Form.83 – France)
- Le formulaire est délivré par l'Administration fédérale des contributions (AFC / ESTV)
- Il est commandable sur le site officiel www.estv.admin.ch
- La demande doit être visée par l'administration fiscale française, attestant que les revenus ont bien été déclarés en France
- Le délai de réclamation est en principe de 3 ans
Sans démarche de votre part, l'impôt anticipé de 35 % est définitivement perdu.
Pour certains revenus de 2025 et pour la majorité des revenus de placements en 2026, le taux des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %, en raison de la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %.
Bonne nouvelle : cette évolution ne concerne pas les frontaliers actifs ni les rentiers suisses affiliés à la LAMal ou à la CMU. Vous restez exonérés de CSG/CRDS.
Option pour le barème progressif (facultatif)
Vous pouvez toutefois choisir d'être imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu, si cela est plus avantageux pour vous.
- Cette option s'exerce chaque année lors de la déclaration de revenus, elle se matérialise par le cochage de la case 2OP sur le formulaire principal 2042 et concerne l'ensemble des revenus de valeurs et capitaux mobiliers perçus dans l'année
À défaut de choix explicite, vos intérêts suisses seront automatiquement imposés au PFU.
Lors de la déclaration de vos revenus financiers (intérêts, dividendes…), vous avez le choix entre PFU (30 %) ou imposition au barème progressif. Il n'existe pas de solution universelle. Le bon choix dépend de votre situation personnelle, notamment :
- Le montant et la nature de vos revenus de placements
- Votre régime d'assurance maladie (LAMal, CMU – Dispositif frontalier, ou régime obligatoire français)
- L'origine de vos revenus (suisses, français, étrangers)
- Votre niveau global de revenus
- La composition de votre foyer fiscal
En télédéclaration, un message peut apparaître à la fin de votre saisie, avant la validation, pour vous signaler qu'il serait avantageux de modifier votre choix. Si cela se produit, prenez le temps d'ajuster votre déclaration avant de la valider.
Comment déclarer vos intérêts suisses en ligne ?
La déclaration des intérêts perçus à l'étranger s'effectue via l'annexe 2047.
Étape 1 — Accéder à la bonne rubrique
Dans l'annexe 2047, sélectionnez la rubrique : « Revenus des valeurs et capitaux mobiliers imposables en France ». La partie relative aux intérêts se situe au point 230.
Étape 2 — Renseigner les informations
- Point 232 : pays d'origine des intérêts : sélectionnez SUISSE dans la liste déroulante
- Point 233 : montant à déclarer : indiquez le montant net encaissé en euros, c'est-à-dire les intérêts perçus après déduction de l'impôt anticipé suisse de 35 %
- Point 234 : taux applicable : inscrivez 0 %
Lorsque vous obtiendrez le remboursement de l'impôt anticipé, le montant remboursé devra être déclaré l'année de son encaissement.
Les intérêts étant imposables exclusivement en France, ils n'ouvrent droit à aucun crédit d'impôt. Une fois le taux renseigné, les autres champs se complètent automatiquement. Point 252 : reportez le total des intérêts figurant au point 251.
Étape 3 — Report vers la déclaration principale
En fin de saisie de l'annexe 2047, activez le report automatique vers la case 2TR du formulaire principal 2042, correspondant aux revenus de valeurs et capitaux mobiliers perçus à l'étranger et imposables en France.
Pendant la phase de constitution de votre épargne, les intérêts générés par votre 3ᵉ pilier n'ont pas à être déclarés. Ils sont automatiquement capitalisés et viennent augmenter le montant de votre épargne. L'imposition n'interviendra qu'au moment du dénouement du contrat ou en cas de retrait anticipé des fonds pour un motif légalement prévu.
05 Vos revenus de la location : synthèse des nouveautés
Pour la première fois, notre dossier fiscal s'enrichit d'une section consacrée aux revenus de la location, afin d'informer les nombreux foyers frontaliers concernés par le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP).
Vous y trouverez sous la forme d'un tableau synthétique, les nouvelles règles fiscales applicables, des mises en garde sur les situations susceptibles d'entraîner un basculement du statut LMNP vers le statut LMP, un rappel des exonérations de CSG/CRDS pour les locations meublées ou nues, ainsi que les cases de déclaration à renseigner selon le type de location.
Régime d'imposition des locations et prélèvements sociaux à titre de revenus du patrimoine — Nouveautés applicables depuis le 01.01.2025
| Revenus fonciers | Location nue | LMNP | ||
|---|---|---|---|---|
| Micro Foncier | Régime Réel 2044 | Micro-BIC | Régime Réel | |
| Régime d'imposition | Revenus ≤ 15 000 € | Revenus > 15 000 € OU engagement sur 3 ans au réel | Meublé rés. principale ou temporaire, classé, chambres d'hôtes : ≤ 77 700 € — OU meublé non classé Airbnb : ≤ 15 000 € | Revenus ≥ 77 700 € ou 15 000 € selon type, ou sur option — Déclaration obligatoire |
| Abattement | 30 % | Charges réelles | 50 % ou 30 % | Charges réelles + amortissement |
| Cases | 4BE | 4BA | 5NI/5OI · 5NG/5OG · 5NH/5OH | 5NA/5OA |
Prélèvements sociaux
- Location nue : CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 % = 17,2 % régime normal ou 7,5 % régime frontalier CMU/LAMal (exonération CSG/CRDS)
- LMNP : CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 % = 18,6 % régime normal ou 7,5 % régime frontalier
La loi de finances 2024 a abaissé le seuil de 77 700 € à 15 000 €/an pour la location meublée de tourisme non classée (abattement passé de 50 % à 30 %). Au-delà : passage obligatoire au régime réel avec obligations comptables.
Depuis le 01/01/2021, si vos recettes annuelles provenant de la location de logements meublés dépassent 23 000 € et qu'elles sont supérieures aux revenus professionnels de votre foyer, vous serez automatiquement considéré comme loueur en meublé professionnel (LMP).
Ce changement de statut n'est pas sans impact, notamment pour les travailleurs frontaliers et encore davantage pour les rentiers mono-pensionnés. En effet, une fois les seuils dépassés, ces revenus ne relèvent plus de la catégorie des revenus du patrimoine, mais sont requalifiés en revenus d'activité indépendante.
Cette requalification peut entraîner une affiliation obligatoire au régime français de Sécurité sociale, ce qui pourrait priver certains rentiers du bénéfice de leur assurance maladie suisse (LAMal).
06 Vos comptes bancaires et contrats d'assurance-vie à l'étranger
En tant que personne physique domiciliée en France, vous êtes tenu de déclarer, en même temps que vos revenus, les comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. Cette obligation essentielle comporte des sanctions lourdes en cas de manquement.
Cette obligation déclarative s'étend également aux comptes inactifs ou dormants, ainsi qu'aux comptes d'actifs numériques (cryptomonnaies, jetons numériques).
Sont concernés l'ensemble des comptes ouverts hors de France auprès de toute personne ou organisme, de droit privé ou public, qui reçoit habituellement en dépôt des espèces, titres ou valeurs mobilières.
Un compte est réputé avoir été utilisé dès lors qu'au moins une opération de crédit ou de débit a été effectuée au cours de l'année concernée par la déclaration, que cette opération ait été réalisée par vous-même, par un membre de votre foyer fiscal ou par une personne rattachée à ce foyer, que vous soyez titulaire du compte ou que vous ayez agi par procuration.
Comment effectuer la déclaration ?
Annexe 3916-3916 BIS : Déclaration par un résident d'un compte à l'étranger ou d'un contrat de capitalisation ou placement de même nature souscrit hors de France.
- Sélectionnez dans la liste des annexes, le formulaire 3916-3916 BIS
- Une fois dans l'annexe 3916-3916 BIS, indiquez le nombre de comptes détenus hors de France à déclarer
- Complétez autant d'annexes 3916-3916 BIS que de comptes concernés
- Si vous avez déjà déclaré vos comptes lors de précédentes déclarations de revenus, activez le report. Les informations précédemment déclarées seront automatiquement reprises et pourront, le cas échéant, être modifiées ou complétées
- Enfin, cochez la case 8UU/8TT sur la déclaration principale 2042. Cette case apparaît après avoir sélectionné la rubrique « Divers » en début de saisie de la déclaration en ligne
Défaut de déclaration : quelles sanctions ?
Par compte ou contrat non déclaré et par année civile. Cette amende s'applique pour chaque année non prescrite. En principe, l'administration fiscale peut remonter sur 3 ans. Toutefois, ce délai est porté à 10 ans depuis le 30 décembre 2011. Il reste limité à 3 ans si le contribuable peut prouver que le total des soldes créditeurs de ses comptes à l'étranger est inférieur à 50 000 €.
Les sommes transitant par des comptes non déclarés sont présumées constituer des revenus imposables. L'impôt correspondant est assorti d'une majoration de 80 %, ces sommes sont également soumises à la CSG/CRDS au titre des revenus du patrimoine.
Cette présomption peut être renversée si vous êtes en mesure de démontrer que les sommes ont déjà été imposées (ex. salaires déjà déclarés), ou qu'elles correspondent à des revenus exonérés (ex. versement d'un 2ᵉ pilier perçu avant le 1ᵉʳ janvier 2011).
La majoration de 80 % s'applique sur l'impôt sur le revenu, à l'IFI et aux droits de mutation à titre gratuit.
En tant que frontalier, j'ai souscrit un 3ᵉ pilier : dois-je le déclarer ?
Oui. Tout compte ou contrat détenu auprès d'un établissement situé à l'étranger doit être déclaré à l'administration fiscale française, quelle que soit sa nature.
Ainsi, les frontaliers titulaires d'un ou plusieurs comptes ouverts hors de France, notamment : compte salaire, compte épargne, compte à terme, compte de libre passage, compte de 3ᵉ pilier, doivent impérativement les déclarer.
Qu'il s'agisse d'un compte bancaire ou d'un contrat d'assurance-vie, le 3ᵉ pilier doit toujours être déclaré, même en l'absence de retrait ou de revenus perçus.
Pour un 3ᵉ pilier bancaire (compte de prévoyance)
Cochez la case 8UU sur la déclaration principale 2042 et remplissez l'annexe 3916-3916 BIS, en complétant une déclaration par compte détenu à l'étranger.
Pour un 3ᵉ pilier souscrit sous forme d'assurance-vie
Cochez la case 8TT sur la déclaration principale 2042 et renseignez les caractéristiques du contrat dans l'annexe 3916-3916 BIS, notamment :
- L'identification du souscripteur
- L'adresse du siège de l'organisme d'assurance
- La désignation et les références du contrat
- La nature des risques garantis
- La date de prise d'effet et la durée du contrat
- Les éventuels avenants
- Ainsi que les opérations de rachat ou de dénouement total ou partiel intervenues au cours de l'année
07 Vos charges déductibles du revenu global : un double impact
Certaines charges limitativement énumérées par la loi sont déductibles du revenu global mais elles doivent être justifiées. La déduction de ces charges permet également de diminuer le RFR, sauf en ce qui concerne l'épargne retraite.
Pour voir apparaître les cases, vous devez avoir coché la rubrique « Charges déductibles, charges et imputations diverses » en début de saisie dans la déclaration principale 2042.
① CSG déductible sur les revenus du patrimoine — 6DE
N'inscrivez pas votre montant de CSG déductible sur vos rentes étrangères. Cette dernière est à déduire directement de vos rentes avant inscription en 1AM/1BM.
② Pension alimentaire — enfants majeurs non comptés à charge — 6EL/6EM
Plafond de déduction : 6 855 € ou 4 075 € si l'enfant vit sous votre toit. Pensez à conserver les justificatifs de versement. Pension à déclarer par l'enfant dans sa propre déclaration.
③ Pension alimentaire — enfants mineurs non comptés à charge ou dont vous n'avez pas la garde — 6GU
Pas de plafond de versement : en cas de divorce, le montant fixé par le jugement est intégralement déductible. Conservez les preuves des versements ou du paiement des dépenses. Dans tous les cas, le parent bénéficiaire doit déclarer ces pensions reçues.
En cas de garde alternée, chaque parent bénéficie d'une majoration de parts, l'éventuelle pension versée ne peut en aucun cas être déduite.
④ Pension alimentaire — ascendants — 6GU
Pas de plafond de versement : les pensions alimentaires versées sont déductibles du revenu dans la mesure où elles présentent un caractère alimentaire. L'état de besoin du bénéficiaire doit également être prouvé.
Si vous avez recueilli sous votre toit un ascendant sans ressources, vous pouvez déduire, sans justification, une somme forfaitaire de 4 075 €. Le parent bénéficiaire doit les déclarer dans sa propre déclaration.
Par ailleurs, pour vos ascendants privés de ressources suffisantes, vous pouvez déduire le montant des frais d'hébergement dans une maison de retraite ou des frais d'hospitalisation les concernant. Dans ce cas, si les frais sont directement payés à l'établissement, votre parent ne doit pas les déclarer.
⑤ Cotisations CMU — Dispositif frontalier — 6DD
Sont déductibles sous cette rubrique. Vous ne devez donc pas les déduire comme charges sur salaires dans l'imprimé 2047-Suisse.
Cliquez sur Détail et indiquez : Cotisations CMU-Dispositif frontalier 2025/STFS Rhône-Alpes ou Franche-Comté.
Épargne retraite
Cotisations versées sur les nouveaux plans d'épargne retraite déductibles du revenu global. Cases 6NS/6NT/6NU.
Cotisation PERP, PREFON, COREM, CGOS et assimilés : cases 6RS/6RT/6RU. Vous pouvez consulter ou modifier le plafond global.
08 Vos réductions ou crédits d'impôt : un moyen d'alléger vos impôts
Les réductions d'impôt ou crédits d'impôt ne peuvent s'imputer que sur l'impôt calculé d'après le barème à taux progressif. Les revenus imposables à un taux forfaitaire (droits d'auteur, plus-values mobilières, capital 2ᵉ pilier, etc.) en sont donc exclus.
La somme totale de certains avantages fiscaux dont peut bénéficier un contribuable au titre des revenus 2025 est limitée à 10 000 €.
Concrètement, pour toutes les dépenses qui suivent, le crédit d'impôt est intégralement remboursé aux contribuables non imposables en France et partiellement versé à celui-ci, s'il est redevable, au titre de l'impôt sur le revenu, d'un montant inférieur au montant du crédit d'impôt. Les charges ouvrant droit à réduction ou à crédit d'impôt sont limitativement énumérées par la loi.
Pour voir apparaître les cases, vous devez avoir coché la rubrique « Réductions et crédits d'impôt : dons, frais de garde d'enfants, emplois à domicile, cotisations syndicales, prestations compensatoires, etc. » en début de saisie dans la déclaration principale 2042.
① Services à la personne : emploi à domicile — 7DB
Les dépenses acquittées pour l'emploi d'un salarié à votre résidence, principale ou secondaire, que vous soyez propriétaire ou locataire, ouvrent droit à un crédit d'impôt.
Les emplois visés englobent la garde d'enfant, les tâches ménagères et familiales, l'assistance aux personnes âgées, aux personnes handicapées ou aux autres personnes qui ont besoin d'une aide personnelle à leur domicile ou d'une aide à la mobilité favorisant leur maintien à domicile.
Le crédit d'impôt est égal à 50 % des dépenses effectivement supportées, limitées à 12 000 €, avec une majoration de 1 500 € par enfant à charge et par membre du foyer âgé de plus de 65 ans, sans toutefois pouvoir excéder 15 000 €.
② Dons à des organismes établis en France — 7UD/7UF/7UJ/7UO/7UH
La nature de l'organisme bénéficiaire détermine le plafond applicable ainsi que le taux de réduction d'impôt. Pour les dons effectués à des organismes venant en aide aux personnes en difficulté, qui ouvrent droit à une réduction de 75 %, les sommes dépassant le plafond ne sont pas perdues : l'excédent bénéficie d'un taux de réduction de 66 %, comme pour les dons versés à d'autres types d'organismes.
③ Frais de garde des enfants de moins de 6 ans — 7GA/7GB
Les frais engagés pour la garde des enfants âgés de moins de 6 ans au 1ᵉʳ janvier 2025 ouvrent droit à un crédit d'impôt égal à 50 % du montant des dépenses effectivement supportées au cours de l'année.
Plafond de dépenses : 3 500 € par enfant (soit un crédit d'impôt maximal de 1 750 € par enfant) ou 1 750 € par enfant pour les parents divorcés pratiquant la garde alternée (soit un crédit d'impôt maximal de 875 € par enfant).
Il faut impérativement déduire des sommes effectivement payées, le montant des allocations versées par la CAF (notamment complément de libre choix du mode de garde).
Le crédit d'impôt est réservé aux dépenses engagées lorsque la garde des enfants a lieu à l'extérieur du domicile des parents (crèches, garderies collectives, assistantes maternelles agréées).
Cette mesure est d'autant plus favorable aux travailleurs frontaliers qu'elle est également applicable lorsque la garde est exercée par des personnes ou des établissements établis en Suisse si ceux-ci satisfont à une règlementation équivalente à celle de la France.
Conservez vos justificatifs de dépenses ouvrant droit à RI et CI pendant 4 ans afin de pouvoir répondre à une demande éventuelle de votre service des impôts.
Autres dépenses ouvrant droit à avantage fiscal
- Les services à domicile
- Les frais de garde enfants de moins de 6 ans
- L'investissement locatif (Pinel, Duflot, Scellier, etc.)
- Les dons aux associations
- Les frais d'accueil en maison de retraite médicalisée
- Les cotisations syndicales
Le PAS, entré en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2019, ne tient pas compte de ces avantages fiscaux dans les taux d'imposition calculés. Pour tenir compte de l'effort de trésorerie qu'implique le PAS, vous avez sans doute reçu une avance de 60 % le 15 janvier 2026.
Cet acompte versé a été calculé sur vos dépenses de 2024 déclarées en 2025. Le solde de l'avantage fiscal vous sera versé en septembre 2026 après ajustement des dépenses de 2025 à déclarer cette année.
Si vos dépenses de 2025 sont nettement inférieures à celles de 2024, vous pourrez être amené à devoir rembourser en septembre, tout ou partie de l'acompte versé en janvier 2026. Pour cette raison, la loi a instauré la possibilité de réduire ou supprimer cette avance.
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